Une somptueuse odeur d’épices orientales venait de la cuisine.
- Je t’ai cuisiné un truc que je tiens de ma mère.
Jarvi passa en revue ce qu’il savait de l’Écosse et de ses spécialités. A part le haggis, la panse de brebis farcie avec des abats, il ne voyait pas trop.
- Curry d’agneau et légumes, annonça l’infirmier en posant les assiettes sur la table.
- Je croyais que tu étais d’origine écossaise, objecta Jarvi.
Sam rit gentiment.
- Oui, par mon père et mon grand-père, mais ma mère est d’origine indienne, et ses parents ont tenu quelques années un restaurant indo-pakistanais dans la banlieue de Manchester.
Cela expliquait sa peau mate, ses yeux magnifiques, et ses cheveux sombres.
- Ça a l’air vraiment délicieux.
Le repas fini, Sam avait plongé les assiettes et les couverts dans l’eau mousseuse, et les nettoyait consciencieusement. Jarvi en profita pour regarder le pantalon de toile grise qu’il avait enfilé, et qui lui donnait un air terriblement élégant. Il ne s’y connaissait pas bien en goûts vestimentaires, mais l’infirmier, lui, avait l’air de savoir choisir des habits qui mettaient en valeur ses jambes élancées et… eh bien, pas seulement les jambes, mais jusqu’à la taille. Il avait du mal à admettre qu’il était en train de regarder les fesses d’un homme. Il essaya de tourner ses pensées vers autre chose. D’ailleurs, quelque chose lui disait que Sam était conscient de ce regard posé sur lui, et qu’il lui tournait le dos précisément dans ce but.
- Pourquoi tu t’embêtes à faire la vaisselle maintenant? Je croyais qu’on était pressés.
- Oh, ça prend trois minutes et j’aime autant m’en débarrasser.
- Tu ne m’as toujours pas dit où on allait.
Ils avaient passé presque quinze minutes à table et Sam avait réussi à maintenir une conversation moyennement intéressante à propos de ses collègues de l’accueil.
- Je t’ai dit que tu verrais bien, fit Sam en rinçant les assiettes sous l’eau courante.
Jarvi n’avait pas vraiment envie de sortir. Il appréciait l’intimité de l’appartement où il avait eu l’impression de passer une nuit un peu à part, en dehors du temps, loin des contraintes et des demandes qui pesaient d’habitude sur lui. L’endroit lui était devenu un peu familier après la phase d’adaptation le soir précédent, et il n’avait pas envie de le quitter pour un nouvel endroit.
- Vu la façon dont tu t’es habillé, fit-il observer, on ne va pas visiter les égouts.
- Non, en effet. Bien que j’aie beaucoup hésité, parce que ceux d’ici sont très pittoresques.
Jarvi hésita:
- Rassure-moi, on ne va pas au théâtre ou à l’opéra?
- Pourquoi pas?
- Je n’ai pas trop envie de me retrouver avec un homme au milieu d’une foule de couples hétéro.
Sam se retourna après avoir posé les derniers couverts dans l’égouttoir.
- Bon, on va y aller, comme ça tu arrêteras de me poser des questions.
- Il faut prendre des sous, quelque chose?
- Ne t’en fais pas, tu n’auras rien à payer.
Jarvi essayait surtout de collecter des indices.
Sam prit sa veste et le regarda de son air amusé:
- Tu n’as pas de raison de stresser, c’est juste… Rien d’exceptionnel, juste comme ça, pour te changer les idées.
C’était vrai, qu’il était stressé. Il n’aimait pas l’idée de sortir dans un lieu public.
- On peut y aller à pied ou en voiture, qu’est-ce que tu préfères?
- A pied.
Il aurait l’occasion de marcher un peu, et ça, ça lui ferait sûrement du bien.
Il faisait à peine sombre lorsqu’ils sortirent. L’air s’était un peu rafraîchi et Jarvi avait pris un pull. Il avait laissé le reste de ses affaires chez Sam et après une dizaine de minutes de marche les mains dans les poches, dans la petite brise de début d’automne, il se sentait tout d’un coup libre comme l’air. Il était loin de son père, loin de tout impératif, et Sam l’avait visiblement accepté comme il était, y compris sa timidité et sa gaucherie habituelles.
Ils suivirent plusieurs rues qui semblaient descendre légèrement et Jarvi essaya de se rappeler si le fleuve qui traversait la ville était sur leur chemin. Peut-être un peu plus à l’ouest. Il eut envie de poser la question à Sam mais redoutait une réponse sur le mode « non, nous n’allons pas faire une promenade en gondole, cherche encore ».
Sam leur fit quitter la large rue qu’ils suivaient depuis un moment et ils partirent dans un quartier d’immeubles anciens, de type haussmannien, à grandes fenêtres et balcons au premier étage. Puis ils débouchèrent sur une sorte d’esplanade avec un parc et une église à la façade imposante. Jarvi commença à ralentir quand il s’aperçut que Sam les emmenait droit vers l’église.
- Tu as abusé du Glenfiddich ou quoi?
- Quoi? Tu n’as jamais mis les pieds dans une église?
Jarvi s’attendait à beaucoup de choses, mais pas à ça.
- Bien sûr que si, mais…
Sam avait son agaçant petit sourire amusé. Jarvi essaya de ne pas montrer son malaise pour ne pas lui faire trop plaisir. Il tenta de fanfaronner :
- Mais tu sais, en France, il faut aller à la mairie avant de se marier à l’église.
Le sourire de Sam s’élargit.
- T’inquiète, je suis au courant.
Ils étaient arrivés devant une porte latérale, qui était encore ouverte à cette heure. On voyait de la lumière à l’intérieur, et Jarvi crut voir plusieurs personnes sur les bancs.
Il décida de ne pas faire un pas de plus tant qu’il n’en saurait pas davantage. Ni lui ni son père n’étaient pratiquants, et il n’avait pas pénétré dans un lieu de culte depuis l’enterrement de sa mère. Il ne voyait pas ce qu’il allait faire là.
Sam, qui avait fait quelques pas à l’intérieur, revint vers lui, le sourire en moins.
- Qu’est-ce qu’il y a? Tu as peur?
- Non, pas vraiment.
- Rassure-toi, on ne va pas là-dedans pour des raisons religieuses.
- Hein?
Jarvi réfléchit:
- Tu veux me faire admirer l’architecture? Les vitraux?
- Presque.
- Des fois, t’es franchement agaçant.
- Désolé, fit l’infirmier, mais je voulais que ça soit un peu une surprise.
Ils entrèrent, et Sam l’emmena sur le côté, le long des alcôves où des cierges brûlaient devant des statues. Quelques personnes étaient assises sur les bancs, recueillies. Jarvi était certain qu’il s’agissait d’une erreur : ils n’avaient absolument rien à faire là.
Sam regarda sa montre:
- Il faut qu’on se dépêche.
Arrivé devant une porte latérale, il sortir de sa poche une clé à laquelle pendait un petit porte-clé muni d’une étiquette que Jarvi n’arriva pas à lire.
Il la glissa dans la serrure, mais ne réussit pas à la faire tourner.
Il retenta la manœuvre, mais la clé ne voulait pas ouvrir la porte.
- Ah non, pas ça.
Il était tout penaud, devant sa clé qui ne voulait pas ouvrir la porte. Les sourcils froncés, les bras le long du corps, il voyait son projet tomber à l’eau – quel qu’il fût. Jarvi eut presque pitié de lui, tant sa déception et son désarroi étaient manifestes. Levant les yeux, il vit que la porte fermée devait donner vers un escalier qui donnait sur la galerie quelques mètres plus haut. La galerie bordait les vitraux et semblait faire le tour de la partie principale. Jarvi la suivit des yeux pour s’en assurer et
- Ah, je me demandais si vous alliez venir, fit une voix derrière eux.
Jarvi se retourna. L’homme portait le col romain des prêtres catholiques. Il avait une cinquantaine d’années et portait de fines lunettes métalliques. Il posa sur lui un regard qui semblait lire à l’intérieur de lui, l’étudia une ou deux secondes, puis revint à Sam.
- Bonsoir, cela fait un moment.
- C’est vrai, répondit l’infirmier.
Ils se serrèrent la main.
- Jarvi, je te présente le père Matthieu. Jarvi est un ami pianiste.
Jarvi rougit légèrement. Il n’était pas pianiste. Du moins, pas officiellement. Mais il jouait du piano, après tout.
- Jarvi Clark.
- Enchanté, répondit le prêtre en lui serrant la main d’une main froide mais cordiale.
- La serrure a été changée l’hiver dernier, reprit-il à l’intention de Sam. Madame Brigard avait toujours l’ancienne clé, apparemment. Mais elle ouvre encore la porte vers la crypte, vous pourrez y aller tout à l’heure.
La crypte. Même si Jarvi savait que le mot désignait la partie souterraine des bâtiments religieux, cela sentait les histoires de revenants et les mauvais films d’épouvante.
L’infirmier était tout sourire, charmant et arrangeant comme il devait l’être avec les patients de l’hôpital et leur famille.
- Je suis désolé que vous vous soyez dérangé pour nous. Je voulais juste faire faire la visite à mon ami, mais si c’est fermé, nous…
- Non, non, répondit précipitamment le prêtre. Je vais vous ouvrir, nous allons monter.
La porte ouverte, ils montèrent l’escalier de pierres qui devait dater d’un bon siècle, peut-être plus, mais qui était parfaitement entretenu. Ils longèrent la galerie d’où Jarvi put admirer la nef et les voûtes néo gothiques de l’église. Il faisait trop sombre pour profiter pleinement de la beauté des vitraux, mais on pouvait encore voir la richesse de leurs couleurs et la finesse du travail. Son père aurait adoré lui faire un cours sur le sujet.
- Voilà notre plus grande fierté, fit le prêtre en arrivant à la colonne qui marquait l’angle sud de la galerie.
Sam guettait la réaction de Jarvi. S’approchant, celui-ci comprit ce que l’infirmier avait voulu lui montrer : l’ orgue de l’église, somptueux, que Jarvi essaya de dater, occupait presque la moitié de la hauteur de l’édifice. Une cascade de claviers aux touches d’ivoire, des panneaux de bois ciré entretenu avec soin, et de longs tubes brillants, à quelques mètres de lui.
Ça n’était pas donné à tout le monde d’admirer de près un aussi bel instrument. Il se rappelait en avoir déjà vu un, au moins une fois, mais n’en avait qu’un souvenir limité. Il était impressionné, et ne le cacha pas à Sam, qui était visiblement ravi d’avoir touché juste pour sa soirée surprise.
Il resta un bon moment la bouche ouverte. Du geste, Sam l’invita à s’approcher, et Jarvi put effleurer les touches anciennes, caresser de la main les panneaux de bois, contourner le banc et jeter un coup d’œil aux marches et aux tirants.
Il remarqua que la soufflerie était en marche, faisant entendre comme une vaste respiration derrière les panneaux de bois.
- Est-ce que vous en avez déjà joué? S’enquit poliment le religieux.
- Non, s’empressa de répondre Jarvi, je joue essentiellement du piano.
Il n’avait pas envie d’ajouter que sa mère, par contre, jouait souvent sur l’orgue d’une église proche de chez eux, quand il était petit, et qu’elle l’avait encouragé à travailler l’orgue électrique parallèlement à ses premières années de piano.
Le prêtre avait un sourire bienveillant.
- J’aimerais que l’organiste soit là pour vous en faire une présentation détaillée, parce que je suis loin d’être un spécialiste. Néanmoins, si vous avez envie d’expérimenter quelques minutes les sonorités que peut offrir cet instrument, je prends sur moi de vous y inviter.
Intimidé, Jarvi jeta un coup d’œil à Sam, qui adressait au prêtre un sourire de gratitude.
C’était une occasion unique : la curiosité fut plus forte. Prenant garde de ne pas poser les pieds par inadvertance sur les marches en bois qui s’alignaient au-dessus du sol, il s’assit sur le banc de l’organiste, mit ses pieds sur le repose-pied et posa ses mains sur le clavier.
- Je ne sais pas mettre la sourdine, avoua-t-il après avoir cherché instinctivement la pédale avec le pied.
Le prêtre rit gentiment.
- La sourdine? Parce que vous avez peur de mal jouer? Nos paroissiens sont habitués à ce que nous accueillions des organistes en formation. De toute façon, si vous utilisez le deuxième clavier, ou le troisième, expliqua-t-il, vous ne serez pas en plein jeu. Et puis, si vous jouez juste quelques minutes, ils ne protesteront pas pour une ou deux fausses notes.
Jarvi ne put pas résister plus longtemps. Après avoir pris une grande inspiration, il posa ses doigts sur le deuxième clavier et plaqua quelques accords. Les notes résonnèrent longuement dans toute l’église, avec une sonorité incroyable. Par curiosité, il se lança, de mémoire, dans les premières mesures de la toccata de Bach, qu’il avait jouée des centaines de fois au piano et sur orgue électrique : le résultat était saisissant. La musique se répandait dans toute l’église et envahissait chaque voûte, chaque recoin, puis revenait en écho à la rencontre des nouvelles notes. Il s’interrompit pour entendre les multiples échos se répercuter encore et encore sur les piliers et sous les voûtes en ogive.
Il fut tenté de se lancer dans une brutale improvisation sur l’instrument pour le plaisir d’entendre les tubes de métal vibrer et les murs de pierre reprendre chaque son en cascade. C’était à se damner.
Il hésita, puis essaya d’extirper de sa mémoire les quelques partitions de musique sacrée qu’il ait jamais jouées. Il y avait cette sortie d’Henri Mulet que sa mère aimait bien, et qu’elle jouait souvent à l’orgue électrique. Il eut envie de lui dédier ce moment, et d’en faire une connexion avec elle, à travers les notes, à travers l’instrument qu’elle avait aimé et dont il jouait pour la première fois.
Il posa les doigts sur les touches sans appuyer, le temps de retrouver les accords. Il lui manquait quelques accords pour accompagner la mélodie principale : il ne jouerait que le tout début.
Une inspiration. Il sentait le regard du prêtre sur ses doigts, et le regard de Sam dans son dos. Une nouvelle inspiration, une bouffée d’appréhension, puis Jarvi décida d’ignorer la petite voix qu’il entendait en lui et qui lui disait qu’il était devenu fou, qu’il n’avait pas le droit, qu’il ne fallait pas s’autoriser ce genre de fantaisie grotesque, que c’était inconvenant et toutes les autres paroles décourageantes qu’il se fabriquait souvent pour lui-même.
Il entama le morceau un peu timidement, de la main droite, puis plaqua plusieurs accords de la main gauche, et la mélodie prit une profondeur magnifique. Dire qu’il ne se souvenait même pas du nom exact du morceau. Les notes lui arrivaient droit dans les oreilles, puis revenaient avec quelques dixièmes de seconde de retard, chargées de l’empreinte du lieu et de l’odeur des pierres. Ca n’avait rien à voir avec un piano : c’était une respiration de la pierre. Les murs étaient une caisse de résonance.
En réalité, l’instrument n’était pas l’orgue lui-même, mais l’édifice dans son ensemble.
Il s’arrêta après une bonne minute, hésitant sur la fin d’une suite d’arpèges, mais tout l’édifice continua à résonner et à vibrer bien après qu’il se fut interrompu, et Jarvi ne pouvait se lasser d’entendre revenir vers lui les interminables échos.
Il finit par se lever, conscient qu’il ne pourrait rester là indéfiniment. Le religieux et l’infirmier le regardaient en souriant jusqu’aux oreilles, et il se demanda pourquoi, avant de comprendre qu’ils ne faisaient que répondre au sourire béat qu’il affichait lui-même.
Ils avaient l’air d’attendre qu’il parle.
- C’est… ouaouh, c’est un truc incroyable. C’est… Ça donne la chair de poule. Ça fait vibrer toute l’église.
Il ne savait pas trop quoi dire d’autre. Sam continuait à sourire. Il aurait bien voulu se retrouver seul avec lui pour exprimer davantage son enthousiasme. Il se sentait mal à l’aise en présence du prêtre.
Il y eut un moment de flottement. Jarvi se demandait si Sam attendait de lui qu’il joue un peu plus, ou s’il avait prévu la suite de la visite. Et les deux autres se demandaient peut-être s’il avait encore envie d’essayer un morceau.
Sam, toujours à l’aise en toute occasion, prit la situation en main :
- Je crois qu’il va être l’heure de descendre, fit-il au prêtre.
Le religieux acquiesça, et sans rien dire d’autre, les guida le long de la galerie en sens inverse. Sam expliqua :
- A partir de vingt et une heure, on ne peut plus utiliser l’orgue, sauf certains soirs de concerts, pour ne pas déranger les riverains.
Les riverains. Encore un choix de mot qui détonnait. Jarvi en était maintenant persuadé : le français n’était pas la langue natale de l’infirmier, bien qu’il le parlât avec naturel, sans la moindre trace d’accent.
En bas de l’escalier, le prêtre referma la porte à clé, puis se retourna:
- Je vais vous laisser, j’ai du travail. Vous avez la clé pour la crypte, l’accès est libre pour la soirée. Nous fermerons vers vingt-trois heures, mais vous pourrez toujours sortir par la porte qui se trouve derrière la sacristie : cela na pas changé.
Sam lui serra la main.
- Au revoir, et merci.
- Au revoir, j’espère.
Le prêtre se tourna ensuite vers Jarvi et lui tendit la main.
- Un grand merci, monsieur.
- De rien. J’ai été ravi. Vous semblez avoir du talent, peut-être que vous êtes fait pour l’orgue autant que pour le piano. Réfléchissez-y.
Avec encore un sourire bienveillant, le prêtre s’éloigna, d’un pas vif, le long des rangées de chaises.
- Et donc maintenant, on visite la crypte?
Sam ne répondit pas tout de suite. Il surveillait le visage de Jarvi.
- Quoi?
- Non, rien, je me demandais si tu n’allais pas me poser une tonne de questions.
Jarvi admit:
- J’en ai quelques-unes, mais pour te dire la vérité j’aimerais assez voir ce que tu veux me montrer d’autre, avant de les poser.
Sam soupira, sans que Jarvi pût dire si c’était de soulagement ou d’appréhension, puis il tourna les talons:
- Viens, l’entrée est par-là.
Ils longèrent l’allée, passèrent le chœur, et Sam montra une double porte :
- Là, l’escalier.
Cette fois, la clé de Sam daigna ouvrir la porte du premier coup.
Le sous-sol de l’église était aussi vaste que le rez-de-chaussée. La partie principale servait de lieu de culte, avec un autel presque aussi imposant que celui d’en haut, mais une partie latérale avait été aménagée en salle de concert. Au-delà d’une rangée de chaises pliantes se trouvait une scène légèrement surélevée, et en plein milieu, comme Jarvi l’avait pressenti, un piano, un quart de queue dont il ne voyait pas la marque mais qui semblait de bonne facture.

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